Quand un photographe ne se cantonne pas à un seul style, une seule approche ou bien qu'à un seul sujet, évidemment ici ça nous interpelle, nous intéresse et même quelques fois ça peux même nous passionner. Samten Norbù c'est un peu ça, car il peut faire des photos de mode léchées pour une publication, partir en forêt pour essayer de capter la magie de la nature, composer des mises en scènes en studio et même s'adonner avec plaisir à l'expérimentation photographique. A la rédaction c'est cette démarche que nous soutenons, toujours apprendre en prenant des risques pour toujours proposer de nouvelles visions de la capture de l'instant. C'est avant qu'il parte pour de nouvelles découvertes que nous avons pu l'interroger sur tout cela...
Peux-tu te présenter en quelques mots et comment est né Samten Norbù
Samten Norbù est né de l’union de son papa et de sa maman et son nom lui a été donné par un moine tibétain qui passait par là à ce moment-là.
Après un parcours couvrant quelques années dans la comm, les petits boulots et la musique, la direction de la photo s’est faite lors de mon séjour à Bruxelles où pendant 1 an riche de rencontres et d’événement, la photo s’est présentée à moi de manière de plus en plus évidente.
Qu'elles sont tes motivations et inspirations ?
Mes motivations sont de réussir à combiner le « métier » de photographe, càd de le rentrer dans une démarche rémunératrice, tout en ayant le luxe de pouvoir avoir des cartes blanches pour la mise en place de mes univers dans des travaux de commande.
En ce qui concerne mes inspirations elles sont nombreuses, de la peinture flamande pour les lumières en passant par les memento-mori pour les compositions et les symboliques…
Mais il faut aussi mettre la musique, les longues ballades dans la rue à observer les gens…
En fait, même si mes mises en scènes sont très « contrôlées » et du coup un peu figées, elles sont nourries d’un peu tout ce qui me passe dans ma vie et sous les yeux.

Qu'essaies-tu de faire passer au travers de ton travail photographique ?
En ce moment je traverse une période très ambiguë à ce niveau-là, travaillant beaucoup les photos de mode c’est un thème un peu « bâtard » car il doit à la fois répondre à un cahier des charges très marketing, il a une durée de vie limitée dans le temps et il faut qu’il marque « l’esprit du temps »… Mais c’est aussi un exercice terriblement enrichissant que de tenter de justement apporter dans un thème ultra codifié, une dimension qui se veut un peu plus intemporelle.
Je vois ça comme une étape extrêmement importante pour l’apprentissage et l’enrichissement de ma démarche de photographe.
J’espère que, au-delà du fait que ce soit un secteur rémunérateur, ce sera une écore qui me permettra d’explorer un maximum de facettes de ce métier pour pouvoir enrichir mes travaux futurs.
Ton travail est très divers, il passe par la photo de mode, les paysages, les portraits... y'a t'il des thèmes que tu n'as pas encore abordé, qui te font rêver ?
En effet je me plait à explorer un maximum de styles, à la fois pour m’enrichir d’approches et de regards différents que l’on peux poser sur les choses, mais aussi pour ne pas m’enfermer trop vite dans un style sans avoir vu un maximum de domaines !
Étrangement j’ai réussi à m’éclater autant à faire des photos de bijoux que de paysages ou de mode…
Bien entendu il y a des domaines où je ne me sens pas du tout en « force » et où j’ai beaucoup d’admiration pour certains photographes qui font des travaux qui poussent au respect !
Par exemple en photo-reportage je pense à Don McCullin ou James Nachtwey qui vont au cœur des points chauds et en ramènent des photos qui sont de réels témoignages qui vont au delà des mots.

Es-tu un grand partisan de la retouche ou de la manipulation photographique ?
Je me présente sous l’étiquette « Photographe – Retoucheur numérique »…
Car aujourd’hui ces 2 facettes sont indissociables dans la maîtrise de l’image.
À l’époque de l’argentique les photographes faisaient appel à des tireurs professionnel qui faisaient office de retoucheur et qui pouvaient réellement modifier le sens de lecture de l’image selon leur apport. Aujourd’hui, avec un apprentissage nécessaire, il est possible de pouvoir maîtriser l’ensemble de la chaîne de l’image. Cet aspect me passionne et enrichis considérablement l’approche de la photo, à condition toutefois de prendre bien soin de bien apprendre ses outils car on vire très vite dans de la post-prod à outrance qui dénature le travail photo. L’avantage c’est qu’aujourd’hui, au moment de la prise de vue, je connais à peu près les potentiels de mon image et ça forme donc un tout que j’anticipe dès les préparatifs.
Comment organises-tu ton travail, comment choisis-tu les thèmes que tu traites, comment ce passe les relations avec tes clients ?
Pour mes séances persos j’ai appris à être très patient et d’avoir tout les éléments qui se réunissent avant de me lancer. J’ai des projets sous le coude depuis des années qui attendent encore « le bon moment » pour sortir… D’autres fois les choses se mettent en place en quelques jours et c’est trippant aussi.
Quand j’ai de la chance, les clients viennent vers moi pour que je leur fasse du « Samten Norbù »… ça c’est du pain béni : ça me permet à la fois de m’éclater et de satisfaire le client… sinon on définit un cahier des charges précis de ses attentes.
La plus grosse partie du boulot de photographe c’est d’expliquer le fonctionnement du métier, d’expliquer les factures, car les gens se font beaucoup d’idées parfois à côté de la plaque, principalement en raison du flou énorme qu’a apporté l’apparition du numérique tout publique qui fait que n’importe qui se prétend photographe mais n’en a pas nécessairement les compétences et ne sais pas gérer les réalités du métier. Sur mon blog j’explique au travers de divers articles certaines contraintes du métier : http://blog.samten.fr/

Peux-tu nous parler de tes influences artistiques qu'elles soient graphiques, cinématographiques ou musicales ?
En photo je ne peux pas ne pas citer les 3 photographes qui m’influencent le plus, tant par leur production que leur démarche : Joel Peter Witkin, Saudek et David Lachapelle…
Mais sinon de nombreux autres photographes plus ou moins connus m’influencent également.
Sinon ce qui influence le plus mes images c’est la musique. Que ce soit des groupes comme Radiohead, Massive Attack, Archive (au début), RIEN, Sati ( mais surtout les Gnosiennes )… En fait je suis musicovore.
D’ailleurs avant de faire de la photo je faisais de la musique, il y a quelques restes ici :
www.myspace.com/samtennorbubside
Ton photographe de chevet, si tu devais n'en choisir qu'un, mais surtout pourquoi ?
Aucun, à mon chevet je préfère me plonger dans les mots plutôt que dans les images … ça ouvre plus de portes pour mes nuits.
Ton actu et tes projets pour l'avenir ?
En ce moment je rêve de départs hors frontière… J’aimerai pouvoir décrocher des contrats en Californie, au japon…
Je manque de voyages en ce moment, ma ville me comprime dans mes projets. Sinon mon nouveau site est enfin en ligne depuis quelques semaines !
Un petit mot pour nos lecteurs
mot
Question con : argentique, lomo ou numérique ?
En effet c’est une question con ;)

SOURCE : SOURCE DE l'INTERVIEW de Samten Norbù - Photographe :: http://www.cultcrusher.net
www.samten.fr
Son groupe sur FaceBook